Deux enfants, deux histoires, deux ans d’allaitement et tellement d’émotions
Ça y est.
J’ai terminé mon allaitement.
Rien qu’en écrivant cette phrase, je me sens émue.
En 3 ans et 5 mois, j’ai allaité pendant 2 ans :
9 mois pour mon aîné, puis 1 an et 3 mois pour mon cadet.
Et aujourd’hui, je me sens profondément reconnaissante d’avoir vécu cette aventure avec mes enfants.
Quand je repense à tout cela, je réalise à quel point cette période a été intense. Magnifique aussi. Fatigante parfois. Bouleversante souvent. Drôle par moments. Une expérience extrêmement humaine finalement.
Et honnêtement… si vous êtes dans les premières semaines : courage.
Pour moi, les 6 premières semaines ont été terribles. Vraiment. Je ne sais même pas comment j’ai tenu. J’avais mal, j’étais épuisée, parfois complètement perdue. Et pourtant… petit à petit, quelque chose s’est installé.
Au départ, je n’y avais même pas réfléchi
Pendant ma première grossesse, ma meilleure amie — qui n’avait malheureusement pas pu allaiter — m’avait demandé :
« Est-ce que tu comptes allaiter ? »
Et je lui avais répondu très honnêtement :
« Je ne sais pas… je n’y ai même pas réfléchi. »
Elle m’avait parlé du côté pratique :
pas besoin d’acheter du lait, de préparer des biberons au milieu de la nuit, de tout laver…
Et je m’étais dit :
« Ah oui… effectivement, ça me ressemble bien. »
Puis, en parlant avec les sages-femmes, j’ai découvert une autre dimension de l’allaitement. Quelque chose de très instinctif, très émotionnel, presque mystérieux parfois.
Mais au fond, ma réflexion était simple :
si la nature permettait cela, et que tout se passait bien, alors j’avais envie d’offrir à mon enfant le lait le plus adapté possible.
Plus tard, pour mon deuxième, j’ai découvert quelque chose qui m’a marquée : au Paléolithique, les femmes allaitaient souvent leurs enfants jusqu’à environ 2 ans.
Aujourd’hui, nous avons les laits infantiles, les laits de suite, les fromages, énormément d’alternatives… et c’est très bien aussi. Mais cette découverte m’a rassurée et m’a probablement motivée à allaiter Benoît un peu plus longtemps.
Ces petits moments que je n’oublierai jamais
Il y avait surtout ces moments incroyables.
Cette petite frimousse après une tétée… presque “shootée” de bien-être, les yeux lourds, complètement apaisée, dans un mini sommeil magique.
Quel souvenir. ❤️
Avec mon mari, nous avons toujours beaucoup fonctionné au feeling. On se renseigne, bien sûr, mais sans vouloir tout contrôler ni tout planifier.
Pour notre premier, je voulais déjà voir si j’arriverais à allaiter. Puis comme tout se passait bien, je me suis dit :
« Peut-être 3 mois… puis 6… puis 8 ou 9… ou plus… sans pression. »
Il mangeait bien ses purées et, quand il était gardé par la crèche, son papa ou les grands-parents, il prenait aussi du lait en poudre.
Mais parfois, il y a simplement la réalité de la vie.
Je ne pouvais plus être autant disponible, ni utiliser le tire-lait tout le temps, ni me retrouver à couler en pleine journée de travail lorsqu’une montée de lait arrivait… et oui, c’est arrivé. 😅
Alors un jour, vers ses 8 mois, après une tétée, je lui ai dit doucement :
« Tu sais… bientôt ce sera fini. Tu deviens grand. »
Et là… il s’est mis à pleurer.
Alors oui, les bébés pleurent pour tout, c’est leur manière de communiquer. Mais là, c’était différent. Un cri étrange. Profond. Je ne sais pas exactement ce qu’il avait compris, mais il semblait contrarié. Triste même.
C’était bouleversant.
Le dernier mois, quand il demandait à téter, je lui proposais d’abord un biberon. Et s’il insistait encore, je lui donnais le sein. Ça arrivait encore une ou deux fois par jour.
Puis, à la fin du neuvième mois, mon mari et moi avons attrapé une grosse grippe. Heureusement, ma maman nous a proposé de garder notre petit pendant deux jours. Quelle chance d’avoir sa famille proche.
Quand il est revenu, j’avais besoin de soulager ma poitrine, alors je lui ai proposé le sein… mais il a préféré le biberon.
J’ai réessayé le lendemain.
Puis encore une fois.
Et c’était fini.
Et finalement… c’était très chouette aussi.
Une deuxième histoire différente
Pour mon deuxième, l’histoire a été différente.
Il a été moins gardé. Nous n’avons pas eu de place en crèche avant ses 7 mois et, étonnamment, les grands-parents avaient tout à coup un peu peur de garder ce tout petit bébé alors qu’ils étaient déjà habitués au grand qui avait 2 ans et demi.
Et surtout… je n’ai presque pas eu mal au début. Quelques jours seulement !
Je suis même allée à mes derniers cours de maîtrise fédérale en gestion de projet web avec lui. Heureusement, il dormait énormément. J’ai aussi préparé mes examens dans ces conditions-là.
Le jour de l’examen, un espace avait même été prévu pour que je puisse tirer mon lait. Il avait à peine 3 mois et demi… et j’avais énormément de lait. 😅
Puis, vers ses 12 mois, notre petit a été très malade plusieurs fois. Gastro, infections… il a perdu beaucoup de poids ce mois-là et cela nous inquiétait énormément.
Je rêvais presque de tomber malade moi aussi pour lui transmettre des anticorps encore plus ciblés via l’allaitement… même si on m’a expliqué que cela ne fonctionnait pas exactement comme ça.
La dernière tétée
Ces derniers mois, nous étions passés aux tétées du matin et du soir… puis seulement à celle du matin.
Et puis un soir, avec mon mari, nous avons ouvert une excellente bouteille de vin que nous gardions pour une grande occasion.
C’était délicieux.
Et symbolique aussi.
Je me suis dit :
« Demain matin, ce sera probablement la dernière fois. »
Le lendemain, il ne semblait pas particulièrement intéressé. Je n’ai pas insisté. Puis un peu plus tard, je lui ai reproposé.
Il a commencé à téter tranquillement.
Et moi, je le regardais en me disant encore une fois :
« Mon Dieu… c’est tellement mignon. »
Puis je lui ai dit doucement :
« Cette fois, c’est la dernière. On arrête maintenant. »
Et là… je ne m’y attendais pas du tout.
Il a lâché le sein.
Il m’a regardée.
Et comme il ne parle pas encore, il m’a répondu à sa manière :
« Ahhh ! »
Comme un “oui”.
Comme s’il avait compris.
Comme si, pour lui aussi, c’était le bon moment.
Et voilà.
C’était fini.
Enfin… presque. ❤️
Parce qu’au final, la semaine suivante, il y a eu quelques petits écarts. J’ai redonné un tout petit peu le sein à Benoît, mon trésor, mais seulement s’il le demandait.
Comme une transition toute douce.
Une manière de terminer cette histoire progressivement, sans brusquer personne.
Et honnêtement… je ne sais pas à qui cela a fait le plus de bien :
à moi, pour faire doucement le deuil de cette étape de notre vie et soulager mon corps…
ou à mon petit chou, qui pouvait voir que cela ne changeait rien entre nous.
Et après seulement une semaine… je n’avais quasiment déjà plus de lait.
Le corps est incroyable.
Cette fin d’allaitement représente aussi autre chose
Cette fin d’allaitement me montre aussi que mon petit grandit.
Et moi aussi, quelque part.
Aujourd’hui, au-delà de mon rôle de maman, j’ai envie de me choisir aussi. J’ai envie de me lancer vraiment. Bordel.
Il n’y a jamais de “bon moment”.
Peut-être parfois de mauvais moments, oui.
Tous les entrepreneurs disent qu’on n’est jamais prêt.
Mais là, en l’occurrence…
je crois que je le suis.
Même avec la charge mentale.
Le ménage.
Les jeux.
Les nuits.
La fatigue.
Je veux que mes enfants voient une maman qui a le courage de réaliser ses rêves.
Une femme qui ose construire quelque chose.
Pour gagner de l’argent, oui.
Pour assurer la sécurité et les extras.
Mais aussi pour être libre.
Libre d’aller les chercher à la crèche.
Libre de décider un matin de prendre la journée avec eux.
Libre de créer une vie qui nous ressemble.
Et si ce texte peut donner un peu de courage ou de motivation à d’autres femmes… alors j’en serai heureuse. ❤️

